De Bogotá à Paris 20e : l’histoire d’amour d’Emmanuelle et Daniel | L'Ami du 20ème

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De Bogotá à Paris 20e : l’histoire d’amour d’Emmanuelle et Daniel


De Bogotá à Paris 20e : l’histoire d’amour d’Emmanuelle et Daniel

“Les amoureux du 20e ”, parce que amoureux dans le 20e , mais aussi amoureux de leur 20e !

Mais comment Daniel, Colombien de 39 ans, est-il arrivé dans le 20 arrondissement ? Fils unique d’un couple d’intellectuels de la classe moyenne, il a grandi à Bogotà, avant d’y entreprendre des études aux Beaux-Arts, avec une préférence pour les arts conceptuels. “J’aimais travailler sur des petites pièces minutieuses qui prennent du temps”, explique-t-il. À 25 ans, c’est aux Beaux-Arts de Cergy, qu’il décide de finir ses études. “J’avais envie de voir autre chose, je n’allais pas passer le reste de ma vie chez mes parents !”. 

 

L’inattendu se produit, trois ans après son arrivée, en 2010, alors qu’il travaille comme serveur, en job étudiant, dans un restaurant libanais à Opéra. “Tout le reste de l’équipe parlait arabe entre eux, alors on se sentait un peu exclus avec Emmanuelle, une autre serveuse, avec qui on a pris l’habitude de faire nos pauses”. Et leur histoire démarre… Née à Paris, Emmanuelle vit alors dans le 18e arrondissement. Après une enfance ballottée, à suivre ses parents (“prolétaires”, précise-t-elle), qui changeaient de professions et de villes tous les deux ans, c’est dans la Capitale qu’elle suit des cours de théâtre. Entre les castings et les auditions, Emmanuelle exerce des boulots alimentaires, notamment dans ce restaurant libanais. 

 

Emmanuelle et Daniel s’installent ensemble, rue de l’Ermitage, à Belleville. Puis les choses s’accélèrent : en 2012, ils se marient à la mairie du 20e. Elle, en robe de mariée, lui, en jean tee-shirt. “On a quitté la place Gambetta en bus, pour aller tous déjeuner chez ma grand-mère dans le 12e arrondissement”, se souvient-elle. Puis, Emmanuelle a envie d’un enfant, mais a du mal à convaincre Daniel. Leur situation financière d’artistes cumulant des petits jobs, l’angoisse, et il a du mal à se projeter dans une vie de famille à Paris, où tout coûte si cher. Lors d’un voyage en Colombie, il change d’avis : “il m’a dit : ‘j’en ai parlé avec ma mère, c’est d’accord ! Mais ce ne sera pas un seul enfant, mais plusieurs, car j’ai souffert d’être enfant unique’”. Lou naît en 2016, Andrea en 2019.

 

Quand Lou à 10 mois, ils décident de tout plaquer pour partir voyager 7 mois à travers l’Amérique latine. Revenus endettés et sans appart’, ils s’installent chez la grand-mère d’Emmanuelle, envisagent un temps une installation en Province, avant de décrocher un HLM dans le quartier des Amandiers, fruit d’une intense campagne de lobbying. Pragmatique, Daniel a anticipé ce retour, en se formant, juste avant, à un boulot plus en adéquation avec leur vie de famille. “Je n’ai jamais vu passer d’annonces pour des artistes, alors que pour des plombiers, oui !”.


En 2015, il s’était inscrit en CAP, suivant des cours la semaine, tout en bossant dans la restauration le week-end. En 2019, Emmanuelle et Daniel créent ensemble leur entreprise : Caballero Plomberie. Daniel se déplace à pied chez les clients du quartier (“Je ne voulais pas passer mes journées coincé dans une camionnette, je préfère marcher !), tandis qu’Emmanuelle s’occupe de l’administratif et des achats fournisseurs, tout en continuant en parallèle la photographie. De leur quartier “occupé à 80 % par des HLM”, ils plébiscitent la richesse de la diversité. Qu’ils incarnent à merveille.

Pauline Pellissier