Le Précurseur  Jean le Baptiste et l' Avent | L'Ami du 20ème

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Le Précurseur Jean le Baptiste et l' Avent


Le Précurseur

Jean le Baptiste et l' Avent

Jean Le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda: "es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?" Jésus leur répondit: "Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute !" Tandis que les envoyés de Jean s'en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean: "Qu'êtes-vous allés regarder au désert ? Un roseau agité par le vent ? Alors, qu'êtes-vous donc allés voir ? Un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Alors, qu'êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu'un prophète. C'est de lui qu'il est écrit: Voici que j'envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi. Amen, je vous le dis: parmi ceux qui sont nés d'une femme, personne ne s'est levé de plus grand que Jean le Baptiste; et cependant, le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui."



Le temps de l'Avent

Avant Noël, il y a l'Avent, et ce n'est pas une faute d'orthographe : l'Avent, du latin Adventus, c'est le temps où l'on se prépare à ce qui va advenir, à l'arrivée du Christ parmi nous. Le premier dimanche de l'Avent marque toujours le début de la nouvelle année du cycle liturgique: c'est une année A, où nous suivrons l' Évangile de Matthieu, qui a commencé le 27 novembre. Notons en passant que l'Avent, tout comme l' Épiphanie (la Fête des Rois), a donné naissance à une coutume d'origine germanique et à présent bien établie: les calendriers de l'Avent proposent du premier ou 24 décembre une friandise par jour aux enfants sages, et nos sourcilleux gardiens de la laïcité ne s'opposent guère à cette tradition gourmande qui s'étend désormais à de nombreux produits. Plus profondément, les couronnes de l'Avent aux quatre bougies (une par dimanche) ornent les buffets des familles chrétiennes du grand Est avant d'illuminer le jour de Noël. Car le temps de l'Avent est une montée vers Noël, bien sûr, mais il n'est pas que cela. En effet, la chronique de ce mois est consacrée à l 'Évangile du troisième dimanche de l'Avent, et les événements qu'il relate ont eu lieu une trentaine d'années après la naissance de Jésus, au début de sa vie publique. De quoi s'agit-il ?



La question de Jean le Baptiste

Jean Le Baptiste est présent dès le chapitre 3 de l' Évangile de Matthieu : sa voix qui crie dans le désert, suivant les mots du prophète Isaïe, invite les foules à un baptême de conversion et fulmine des imprécations contre l'entourage du Temple, et en particulier contre la cour dépravée du tétrarque de Galilée, Hérode Antipas. En effet, celui-ci a épousé sa nièce Hérodiade, qui était déjà la femme de son demi-frère. Le peuple, sur lequel l'influence de Jean le Baptiste est considérable, est scandalisé par cette conduite impie, et Hérode qui craint naturellement une révolte juge plus prudent de faire arrêter Jean et de le retenir prisonnier dans la forteresse de Machéronte. Cependant, Jean a également prophétisé la venue de celui qui baptisera "dans l'Esprit Saint et le feu". La prédication de Jésus, lui-même baptisé par Jean, commence alors et la question se pose de savoir s'il est bien celui qui doit venir. L' Évangile ne nous dit pas si Jean a eu connaissance de la réponse du Christ avant d'être décapité sur l'ordre d'Hérode, en 28 ou 29. 



Jean le Baptiste est mentionné - de même que Jésus -  dans les écrits de Flavius Joséphe, historien judéo-romain du premier siècle dont les écrits complètent utilement les textes évangéliques. Quant à Hérode Antipas, il croisera Jésus lors de sa Passion, quelques années plus tard, le questionnera avec mépris, et le Christ ne lui répondra rien. Plus tard encore, en 39, Hérode sera destitué par l'Empereur Caligula et déporté à Lugdunum Convenarum - aujourd'hui Saint-Bertrand de Comminges, dans les Pyrénées. Il y est mort à une date inconnue.

La réponse du Christ.

La question de Jean est légitime, et Jésus se doit d'y répondre. Mais fidèle à son habitude, il élargit le propos, et en bon pédagogue il invite les disciples de Jean à témoigner de ce qu'ils voient et entendent et à en tirer leurs propres conclusions. Il faut juger l'arbre à ses fruits, et encourager ceux qui croient en la Bonne Nouvelle. Ensuite, le Christ s'appuie sur cette première question pour en susciter d'autres, et ouvrir le chemin qui mène au Royaume des Cieux en nous invitant à l'humilité. Jean le Baptiste dit de même, lorsqu'aux envoyés des prêtres de Jérusalem qui le questionnent sur sa mission, il répond: "moi, je baptise dans l'eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas: c'est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de dénouer la courroie de sa sandale". Pourtant Jésus, annoncé par Jean, sera comme lui victime de la violence et de la méchanceté des hommes, et il signera de son sang son message de lumière.

Mt 11, 2-11

Gilles Godefroy