Joyeux Noël : pourquoi ? | L'Ami du 20ème

Accueil
Sommaire du numéro en kiosque
Quartiers du 20ème
Liens du 20ème
Nous joindre
Acheter le journal
Histoire de l'Ami
Comment participer ?
Les archives du 20ème
Les numéros de 2019
Les numéros de 2018
Les numéros de 2017
Les numéros de 2016
Les numéros de 2015
Les numéros de 2014
Les numéros de 2013
Les numéros de 2012
Les numéros de 2011
Les numéros de 2010
Les numéros de 2009


Joyeux Noël : pourquoi ?


Joyeux Noël : pourquoi ?

Noël, encore un Noël, à quoi ça sert ?

Un peu désabusés, beaucoup voient arriver Noël et se préparent, comme à reculons, sans enthousiasme, à une nouvelle fête de Noël, en se souvenant avec nostalgie des Noëls de leur enfance, plus familiaux, intimes et joyeux. Il est vrai que Noël est devenu une fête de consommation en tous genres, cadeaux, nourriture, boisson et voyages, et que, de plus en plus, on parle des fêtes de fin d’années en associant Noël au Jour de l’An!

Noël, c’est d’abord une naissance dont on se souvient, celle de Jésus, et une naissance, c’est toujours une joie, une promesse d’avenir pour des parents et une famille, un événement qui apporte du bonheur. C’est pourquoi depuis des siècles Noël est d’abord la fête des enfants et que, les premiers, ils sont fêtés et reçoivent des cadeaux.


Noël n'est-il pas d'abord une fête de la consommation?

Mais, alors les chrétiens n’ont-ils pas accepté cette dérive de Noël en en faisant une fête de consommation ? N’est-il pas vrai qu’après avoir assisté ou non à la messe ils font comme tout le monde ?

C’est vrai, mais en partie seulement, parce que bien des gens, et, parmi eux, des chrétiens, ont à cœur de partager et de se réjouir avec des plus pauvres, des malades et des personnes qui connaissent de grandes solitudes.

Cependant, s’il est bien vrai qu’il faille transformer les choses et revenir à plus de sobriété, Noël restera synonyme de joie puisqu’on fête une naissance et pas n’importe quelle naissance, c’est, en effet, la venue de celui que les chrétiens reconnaissent comme le Sauveur de tous les hommes, né dans des conditions surprenantes.


Les crèches nous en rappellent l'origine religieuse

Les crèches nous rappellent les circonstances dans lesquelles Jésus est né, mais ont l’inconvénient de fixer et de réduire le message de Noël à partir d’une certaine représentation. C’est saint François d’Assise, au début du XIIIe siècle, qui a eu l’idée de réaliser des crèches vivantes dans les églises, avec personnages et animaux, pour faire comprendre le sens de la fête à un public largement illettré. Cependant l’Évangile ne dit pas que cela.


Que disent les textes Nouveau Testament?

Deux évangiles sur quatre seulement nous parlent de la naissance et des événements qui ont précédé cette naissance, et ils n’en parlent pas de la même façon.

L’évangéliste Luc ne rapporte pas les événements qui concernent Jésus et sa mission à la manière d’un reporter qui suit des manifestations et des combats de guerre. Il écrit l’événement en nous faisant comprendre le sens qu’il a, ou encore il le réécrit en nous en donnant le sens qui s’en dégage pour les témoins. Les deux premiers chapitres parlent de l’enfance de Jésus. Ils ont été écrits à la manière des récits qui décrivent l’enfance des héros de l’histoire d’Israël, tels que Samson ou David, pour montrer comment déjà dans ces événements il y avait une annonce de ce que serait Jésus, des circonstances de sa vie et du message qu’il délivrerait.

L’évangéliste Matthieu parle également de l’enfance de Jésus, mais d’une tout autre manière, en faisant un parallèle entre la petite enfance de Jésus et celle de Moïse (Jésus, nouveau Moïse, qui mène à l’accomplissement le projet de Dieu sur l’humanité).


Que peut-on retenir de l’Évangile de Noël ?

Plusieurs choses : Jésus est né, comme chacun d’entre nous, à un moment précis de l’histoire des hommes, à un moment où l’empire romain régnait en maître absolu sur une grande partie des terres connues et donc sur la Palestine. La naissance de Jésus est bien située dans le temps. Il est né, il a vécu l’existence comme chacun d’entre nous.

Jésus est né au détour d’un voyage obligé, presque un exode. Jésus dira au cours de sa mission : « Le Fils de l’homme n’a pas une pierre pour reposer sa tête ».

Il est né dans la pauvreté et Marie et Joseph, dans ce moment si important, n’ont pas été accueillis, comme lui-même, plus tard, ne sera pas accueilli par les siens. Ce fut le cas maintes fois dans son existence et principalement au cours de la dernière semaine à Jérusalem et lors de sa Passion.

Les premiers informés de cette naissance sont des pauvres bergers, qui n'étaient pas en mesure de pratiquer la loi de Moïse ! Mais personne n’est écarté des faveurs et des grâces de Dieu.



Le message de Noël : Dieu aime tous les hommes

Le message des anges qu’entendent les bergers est merveilleux et inouï, c’est en quelques mots tout l’Évangile et la personne de Jésus qui sont déjà annoncés : Dieu aime tous les hommes, et c’est cet enfant qui va le manifester et les conduire jusqu’au Père.

En assumant une existence humaine avec ses épreuves, ses joies et son combat pour l’amour et la reconnaissance des plus pauvres, des exclus et des malades, Jésus est pleinement solidaire de l’humanité et il la sanctifie. Dans la venue du Fils de Dieu sur terre, il y a déjà le geste de Dieu qui sauve et qui manifeste le Royaume qui vient.

Noël n’a rien d’infantile, c’est une Bonne Nouvelle qui annonce ce que sera le Sauveur et sa mission et qui éclaire toute notre vie.

Père Emmanuel Lebrun