Joyeux
Noël : pourquoi ?
Noël,
encore un Noël, à quoi ça sert ?
Un
peu désabusés, beaucoup voient arriver Noël et se préparent,
comme à reculons, sans enthousiasme, à une nouvelle fête de Noël,
en se souvenant avec nostalgie des Noëls de leur enfance, plus
familiaux, intimes et joyeux. Il est vrai que Noël est devenu une
fête de consommation en tous genres, cadeaux, nourriture, boisson et
voyages, et que, de plus en plus, on parle des fêtes de fin
d’années en associant Noël au Jour de l’An!
Noël,
c’est d’abord une naissance dont on se souvient, celle de Jésus,
et une naissance, c’est toujours une joie, une promesse d’avenir
pour des parents et une famille, un événement qui apporte du
bonheur. C’est pourquoi depuis des siècles Noël est d’abord la
fête des enfants et que, les premiers, ils sont fêtés et reçoivent
des cadeaux.
Noël
n'est-il pas d'abord une fête de la consommation?
Mais,
alors les chrétiens n’ont-ils pas accepté cette dérive de Noël
en en faisant une fête de consommation ? N’est-il pas vrai
qu’après avoir assisté ou non à la messe ils font comme tout le
monde ?
C’est
vrai, mais en partie seulement, parce que bien des gens, et, parmi
eux, des chrétiens, ont à cœur de partager et de se réjouir avec
des plus pauvres, des malades et des personnes qui connaissent de
grandes solitudes.
Cependant,
s’il est bien vrai qu’il faille transformer les choses et revenir
à plus de sobriété, Noël restera synonyme de joie puisqu’on
fête une naissance et pas n’importe quelle naissance, c’est, en
effet, la venue de celui que les chrétiens reconnaissent comme le
Sauveur de tous les hommes, né dans des conditions surprenantes.
Les
crèches nous en rappellent l'origine religieuse
Les
crèches nous rappellent les circonstances dans lesquelles Jésus est
né, mais ont l’inconvénient de fixer et de réduire le message de
Noël à partir d’une certaine représentation. C’est saint
François d’Assise, au début du XIIIe
siècle, qui a eu l’idée de réaliser des crèches vivantes dans
les églises, avec personnages et animaux, pour faire comprendre le
sens de la fête à un public largement illettré. Cependant
l’Évangile ne dit pas que cela.
Que
disent les textes Nouveau Testament?
Deux
évangiles sur quatre seulement nous parlent de la naissance et des
événements qui ont précédé cette naissance, et ils n’en
parlent pas de la même façon.
L’évangéliste
Luc ne rapporte pas les événements qui concernent Jésus et sa
mission à la manière d’un reporter qui suit des manifestations et
des combats de guerre. Il écrit l’événement en nous faisant
comprendre le sens qu’il a, ou encore il le réécrit en nous en
donnant le sens qui s’en dégage pour les témoins. Les deux
premiers chapitres parlent de l’enfance de Jésus. Ils ont été
écrits à la manière des récits qui décrivent l’enfance des
héros de l’histoire d’Israël, tels que Samson ou David, pour
montrer comment déjà dans ces événements il y avait une annonce
de ce que serait Jésus, des circonstances de sa vie et du message
qu’il délivrerait.
L’évangéliste
Matthieu parle également de l’enfance de Jésus, mais d’une tout
autre manière, en faisant un parallèle entre la petite enfance de
Jésus et celle de Moïse (Jésus, nouveau Moïse, qui mène à
l’accomplissement le projet de Dieu sur l’humanité).
Que
peut-on retenir de l’Évangile de Noël ?
Plusieurs
choses : Jésus est né, comme chacun d’entre nous, à un
moment précis de l’histoire des hommes, à un moment où l’empire
romain régnait en maître absolu sur une grande partie des terres
connues et donc sur la Palestine. La naissance de Jésus est bien
située dans le temps. Il est né, il a vécu l’existence comme
chacun d’entre nous.
Jésus
est né au détour d’un voyage obligé, presque un exode. Jésus
dira au cours de sa mission : « Le Fils de l’homme
n’a pas une pierre pour reposer sa tête ».
Il
est né dans la pauvreté et Marie et Joseph, dans ce moment si
important, n’ont pas été accueillis, comme lui-même, plus tard,
ne sera pas accueilli par les siens. Ce fut le cas maintes fois dans
son existence et principalement au cours de la dernière semaine à
Jérusalem et lors de sa Passion.
Les
premiers informés de cette naissance sont des pauvres bergers, qui
n'étaient pas en mesure de pratiquer la loi de Moïse ! Mais
personne n’est écarté des faveurs et des grâces de Dieu.
Le
message de Noël : Dieu aime tous les hommes
Le
message des anges qu’entendent les bergers est merveilleux et
inouï, c’est en quelques mots tout l’Évangile et la personne de
Jésus qui sont déjà annoncés : Dieu aime tous les hommes, et
c’est cet enfant qui va le manifester et les conduire jusqu’au
Père.
En
assumant une existence humaine avec ses épreuves, ses joies et son
combat pour l’amour et la reconnaissance des plus pauvres, des
exclus et des malades, Jésus est pleinement solidaire de l’humanité
et il la sanctifie. Dans la venue du Fils de Dieu sur terre, il y a
déjà le geste de Dieu qui sauve et qui manifeste le Royaume qui
vient.
Noël
n’a rien d’infantile, c’est une Bonne Nouvelle qui annonce ce
que sera le Sauveur et sa mission et qui éclaire toute notre vie. ■
Père
Emmanuel Lebrun