Les Sans Radio de l'Est parisien ont eu gain de cause | L'Ami du 20ème

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Les Sans Radio de l'Est parisien ont eu gain de cause


Enfin on peut écoutera la radio dans le nord du 20e + PHOTO

Les Sans Radio de l'Est parisien ont eu gain de cause


Les Sans Radio de l’Est parisien ont eu gain de cause ! Grâce au mouvement citoyen des Sans Radio, engagé en 2002 et d’une opiniâtreté exemplaire, il est enfin possible aux 200 000 riverains d’écouter en technique DAB+ (RNT) les stations de Radio France, pour laquelle c’est une première nationale. Oubliées les nuisances de la bande FM. Seule contrainte : s’équiper d’un poste adapté.


Depuis une vingtaine d’années, il n’était plus possible d’écouter la radio en FM dans l’Est parisien. En voiture, au bureau ou à la maison, pas de France Inter, de France Musique ou de France Culture, sans fritures ou crachouillis ! Les Parisiens du 20e et leurs voisins ont ainsi été privés des stations de service public, mais aussi des « périphériques » et autres. Pourquoi ? Chacun avait son explication : c’était le béton disait les uns, c’était la caserne Mortier disaient les autres… Sans parler de ceux convaincus que leur propre poste était défectueux, qui avaient abandonné ! Fausses pistes…

C’est un citoyen de Bagnolet qui, en 2002, a pris le dossier en mains. Investigations, enquêtes, recherche, il s’aperçoit que ce sont les émetteurs des Mercuriales qui empêchent 200 000 riverains d’entendre les nouvelles ou d’écouter un bon concert… Soit l’équivalent de la population de Rennes, sans compter les automobilistes !

Comme ils ont souffert sans leur poste les insomniaques de Gambetta, les rêveurs de Saint-Fargeau, les mélomanes de Pelleport… Presque vingt ans sans émission sous la douche, sans info dans la cuisine, sans le ruisseau sonore de FIP. L’un a même osé : « On écoutait mieux Ici Londres en 1940 que France Culture au 21è siècle ».



Les diffuseurs et même le CSA nient les troubles

Et personne pour les aider, les rassurer car les diffuseurs, Radio France et pire, le CSA, ont longtemps préféré contester, voire nier la nuisance ! Un comble !

Il aura donc fallu qu’un citoyen s’engage. Qu’il récupère 50 000 signatures en bas d’une pétition (2002-2005), …sans effet : haute autorité, instance technique ou administration auprès desquelles elle fut déposée, étaient plantées imperturbables dans le déni : « C’est votre poste, c’est votre antenne, c’est votre appartement »… Longtemps les citoyens du XXè ont été pris pour …sourds ! Quasi de leur faute !



Mais le citoyen de Bagnolet tient bon

Face à ce déni, le Bagnoletais en colère crée, en 2005, son association. Avec le soutien de 400 adhérents, en majorité Parisiens, accompagné d’élus parisiens et de la Seine-Saint-Denis, il impose la discussion avec ces messieurs du CSA et avec les techniciens des opérateurs des deux antennes sur les Mercuriales : TDF et TowerCast (holding de NRJ).



Questions au Parlement, rencontre d’un ministre de la Culture, comités techniques sans fin… Rien n’y fait. Face à un mépris évident, les Sans Radio décident, en 2006, d’engager une action en justice pour troubles de voisinage : in extremis ils obtiennent en appel, en 2008, une expertise judiciaire qui confirme d’abord leur analyse. Après des déboires variés (Cassation…), un opérateur se décide finalement, huit ans plus tard, à installer sur l’une des deux tours un émetteur en RNT et diffuse, depuis l’été 2016, les sept stations de Radio France via une technologie déjà répandue dans toute l’Europe : le DAB+. Pour le groupe de service public, c’est une première nationale !

Depuis, les habitants équipés* retrouvent le bonheur du concert radiodiffusé, de la chronique matinale, ou du journal de 13 h. Quant au droit d’égalité d’accès au service public, inscrit dans la constitution de la République, grâce à cette mobilisation citoyenne il est à nouveau respecté.



Anne-Marie Tilloy